" J’aime bien ce verbe « résister ». Résister, à ce qui nous emprisonne, aux préjugés, aux jugements hâtifs, à l’envie de juger, à tout ce qui est mauvais en nous et ne demande qu’à s’exprimer, à l’envie d’abandonner, au besoin de se faire plaindre, au besoin de parler de soi au détriment de l’autre, aux modes, aux ambitions malsaines, au désarroi ambiant. Résister, et… Sourire. "

[ Marc Levy - Les Enfants de la Libertés ]
" Jeannot, tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre.
Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit.
Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains. "

[ Marc Levy - Les Enfants de la Liberté ]
" Je reste clouée à mon siège , je ne peux pas bouger . Il m'exhorte à le faire . Je refuse . Il finit par me tirer doucement par la main , je parviens à m'extirper de la voiture . Mes mouvements saccadés sont ridicules . Je me retrouve debout sur le trottoir . Un instant . Je vacille sur mes jambes harassées et m'effondre . J'ai envie de vomir . Ça monte en moi comme un sentiment de fureur , j'ai envie de dégorger mon dégoût , ma haine et les litres d'alcool ingurgités . Je suis à genoux , courbées en deux , et je vomis sans pouvoir m'arrêter mes excès de cette nuit et la vie de toujours  , et je souille ma robe d'éclaboussures sordides , et le silence pesant d'atroces déglutitions . Et ça jaillit comme dans un cauchemar , je dégueule des litres de vodka , des litres de champagne , mes illusions perdues , les fantômes qui me hantent , et ça gicle sur le bitume noir avec un bruit d'explosion liquide et sale qui se répercute dans ma tête comme la sentence fatale de mon indignité . Et je reste prostrée . Je ne veux pas me relever , je ne veux pas affronter son regard . Ma tête baissée dissimule mes larmes brulantes . Je veux mourir ici .
Il me relève . Il passe un bras sous mes genoux , l'autre sous mes épaules , il me porte et m'emmène . Je suis submergée de fatigue et de honte , je laisse aller ma tête sur son épaule , j'ai l'air d'une morte . L'odeur familière de son appartement me rassérène . Il me guide à pas lents à travers les pièces , jusqu'à sa salle de bains . Il m'assoit sur le baignoire et passe délicatement une éponge mouillée sur mon visage maculé de maquillage et de larmes . Patiemment , jusqu'à l'entière disparition des traces . Jusqu'à ce que la glace me renvoi l'image d'une enfant pâle , aux yeux tristes et cernés . Il me brosse les dents .
- Crache.
Je crache . Puis il démêle mes cheveux alourdis , sans me faire mal . Il m'ôte mes escarpins et ma robe . Il me fait passer une immense chemise . Il prend ma main et me conduit vers sa chambre . Il m'allonge , la tête bien au milieu des oreillers , il me recouvre jusqu'au menton . Il ne lâche pas ma main . Je me souviens de la douceur immaculée des draps , et du contact rassurant de sa main dans la mienne . Puis j'ai sombré dans le sommeil .
Le lendemain , tout recommença . Et ce fut pire . . . "

[ Hell - Lolita Pille ]